10 déc : Calendrier de l’avent de nos précaires : jour 6

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Maître délégué.e, je suis précaire, je témoigne

Chaque été, dans l’incertitude et la menace du chômage

Je suis maître délégué depuis quatre ans. J’interviens principalement en post-bac ! Au niveau salaire, nous avons d’énormes difficultés à obtenir la rémunération de nos heures. Il y a un décalage d’un à deux mois, surtout placé sur un remplacement maladie, reconduit de mois à mois. De plus, en début d’année scolaire, nous sommes obligés de demander des avances sur salaire, limitées à 500 euros, puis 1000 ensuite. Les salaires sont ensuite régularisés (en partie) le troisième mois. On a ainsi l’impression de débuter une carrière tous les ans.
Au niveau de la charge de travail, les heures octroyées sont les heures que l’établissement ne peut pas ventiler à ses enseignants ou matières non enseignées. Donc les classes sont difficiles ou surchargées. De plus, on nous donne tardivement les heures à effectuer donc c’est un très gros volume de travail à prévoir sur les premiers mois. Cette année, j’ai deux heures de droit en BTS CG première année, quatre heures d’atelier professionnel (heureusement que ma collègue m’aide bien), trois heures de fiscalité BTS CG deuxième année et trois heures de système d’information BTS CG deuxième année.

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9 déc : le calendrier de l’avent de nos précaires : jour 5

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Maître délégué.e, je suis précaire, je témoigne

Je ne demande pas la lune, juste de quoi vivre décemment

Vivre auprès des élèves, et donc être au plus près de la vie, me comble de bonheur ! Chaque fois qu’un apprentissage a lieu, chaque fois qu’un élève m’accorde sa confiance, chaque fois qu’il m’appelle “maître ” avec un profond respect accompagné d’une grande affection, chaque fois qu’il progresse, chaque fois qu’il s’épanouit, cela me touche.

Mais ce bonheur se paye cher. Lorsqu’on est suppléant, on a un double travail : la préparation au concours et celle de la classe. Ce travail est d’autant plus difficile si on a plusieurs niveaux de classe et ce, pour avoir un temps plein payé 1500 euros bruts par mois (1300 euros nets pour un bac + 5 !). Et il est vital d’avoir un temps plein lorsqu’on est suppléant, sinon il est impossible de s’assumer financièrement.

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8 dec : Le calendrier de nos précaires : jour 4

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Maître délégué.e, je suis précaire, je témoigne

Sortir de la précarité : le parcours du combattant

Au cours de ma scolarité au lycée, j’ai choisi le beau métier d’enseignant, pensant naïvement me préparer à un avenir intéressant.
Aujourd’hui, j’aime mon travail, j’aime ce que je fais avec mes élèves en tant que maître auxiliaire en histoire/géographie mais que de difficultés auxquelles faire face ! Mon premier réflexe a été de présenter les concours. Il faut déjà maîtriser le chapitre des inscriptions et rassembler des pièces, beaucoup de pièces. C’est un “ parcours du combattant ”, y compris sur les contenus. Á l’oral, pas une seule question de pédagogie. Pour le concours externe, la préparation est difficile tout en travaillant.
Il faut à un moment se décider à enseigner sans concours. Les débuts sont difficiles. Petit florilège de propos entendus : “ Vous manquez d’expérience ! – Vous n’avez jamais eu de collège/de lycée/d’élèves difficiles ? – Vous refusez le poste ? Vous ne voulez pas faire cinquante-cinq kilomètres pour sept heures d’enseignement ? – Vous savez que vous pouvez être radié des listes ?

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7 dec : Calendrier de l’avent de nos précaires : jour 3

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Maître délégué.e, je suis précaire, je témoigne

Comment garder la passion et la motivation sans espoir d’évolution ?

J’ai exercé mon métier de professeur des écoles suppléant avec passion et motivation ! On dit parfois que c’est le plus beau métier du monde, et malgré les difficultés, je l’ai toujours sincèrement pensé. Mais le système est hypocrite. En effet, nous n’avons pas le concours donc logiquement nous sommes inaptes à gérer une classe. Sauf que l’enseignement privé ne peut pas fonctionner sans eux.

Il faut dire que c’est le « jackpot » : des suppléants formés (on exige un master, soit bac + 5) payés une misère, et en supposant qu’ils soient payés en temps et en heure ! Qui accepterait ailleurs que dans l’enseignement d’être payé cinquante euros pour un mois puis d’obtenir un acompte de cinq cents euros une semaine plus tard avant d’être finalement régularisé un ou deux mois après ? C’est pourtant « monnaie courante » chez les suppléants qui n’ont que de courts remplacements ou qui sont sur des arrêts maladies qui se prolongent. La pénurie de suppléants dont on commence à entendre parler ne me surprend par conséquent pas du tout.

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6 dec : Calendrier de l’avent de nos précaires : Jour 2

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Maître délégué.e, je suis précaire, je témoigne

Mon expérience professionnelle dans l’enseignement privé est très atypique !

Après onze années de suppléances, j’ai été remerciée et conviée à repasser ma licence si je voulais continuer à enseigner. On m’a refusé une équivalence sur le terrain. J’attendais mon deuxième enfant et donc je n’ai pu la repasser qu’après sa naissance.

Ma licence une fois validée, j’ai repris les remplacements et ce n’est qu’en septembre 2013 qu’on m’a offert un contrat définitif, à cinq ans de ma retraite.
Durant toutes ces années, quand je ne travaillais pas, je recevais une indemnité du rectorat appelée indemnité chômage qui compte pour les trimestres retraite mais je ne cotisais pas. Je vais avoir une retraite dérisoire.
Autrefois, les suppléants n’avaient pas droit aux formations gratuites comme les enseignants. S’ils voulaient se former, tout était à leur charge. Dans certains établissements, on leur faisait faire également « tout et n’importe quoi » car ils savaient qu’ils ne pouvaient pas refuser. Dans le cas contraire, on ne nous rappelait pas.
Heureusement grâce aux syndicats, entre autres, les choses ont changé.